De Nature Dépigmentante – Petit Glossaire des Agents Dépigmentants d’origine Végétale


Posted on October 30th, by Elma in Innovation. 1 Comment

De Nature Dépigmentante – Petit Glossaire des Agents Dépigmentants d’origine Végétale

La dépigmentation suscite un grand intérêt au sein de l’industrie cosmétique. Les produits dépigmentants présents sur le marché sont formulés à partir de molécules de structures chimiques très différentes. Ils sont destinés à diminuer, voire à supprimer, des hyperpigmentations d’origines diverses. 

Que vous soyez un entrepreneur prêt à vous lancer sur ce marché, une victime d’ hyperpigmentation, ou tout simplement une personne curieuse ; ce petit glossaire pourrait bien vous être utile.

Une hyperpigmentation correspond à l’obscurcissement d’une zone de peau. Cet obscurcissement est dû à une surproduction de mélanine (pigment synthétisé par une cellule spécialisée de la peau : le mélanocyte). La tyrosinase est l’enzyme principale intervenant dans la mélanogénèse, c’est à dire la production de mélanine.

L’hyperpigmentation diffère selon son origine :

Tableau_Hyperpigmentation

Les produits dépigmentants, permettant de réduire ces hyperpigmentations, sont principalement d’origine végétale. Les agents d’origine végétale constituent aujourd’hui un axe de développement majeur dans l’industrie cosmétique.  De plantes méconnues jusqu’à la pâquerette, voici un petit glossaire des 10 agents dépigmentants d’origine végétale principaux.

ARBUTINE

L’arbutine ou bêta-glucoside d’hydroquinone est extraite des feuilles séchées de busserole (Arctostaphylos uva-ursi Spreng, Ericaceae.), de bleuets, de canneberges, de poiriers (Pyrus communis L., Rosaceae) et d’airelle rouge (Vaccinium vitis-idaea L., Ericaceae). L’arbutine est également présente dans d’autres familles végétales comme les Saxifragacées et les Rosacées.

C’est surtout un inhibiteur de la mélanogénèse et donc utilisé comme agent dépigmentant cutané. L’industrie cosmétique peut donc l’utiliser sous différentes formes galéniques : soit pure soit sous forme d’extraits végétaux.

ACIDE PHYTIQUE

L’acide phytique ou IP6  ou acide myo-inositol hexaphosphorique est une biomolécule de formule brute C6H18O24P6 qui se trouve principalement dans les graines de nombreux céréales (avoine, blé, orge) et légumineuses. Les utilisations de l’acide phytique sont très nombreuses et regroupent des domaines très variés. Dans l’industrie alimentaire et la conserverie, il permet de maintenir la stabilité physico-chimique des graisses, des huiles et des colorants naturels et synthétiques. Il est également utilisé dans les distilleries car il capte le Fer et le Cuivre de certains alcools. Dans l’industrie et l’ingénierie, il protège contre la corrosion de certains métaux et alliages.

En cosmétologie, il est utilisé comme inhibiteur de la tyrosinase (enzyme intervenant dans la mélanogénèse). Ainsi cette molécule est intéressante dans le traitement des hyperpigmentations.

REGLISSE

La Réglisse, Réglisse glabre ou Licorice pour les anglophones, (Glycyrrhiza glabra L.) est une plante vivace de la famille des Fabacées, de la sous-famille des FaboideaeGlycyrrhiza vient du grec γλυκύς glucus (doux, sucré), et ῥἰζα rhidza (racine,rhizome). La réglisse a reçu différentes appellations : bois doux, bois sucré, racine douce, ou régalisse.

L’espèce Glycyrrhiza glabra est utilisée dans les préparations cosmétiques pour son pouvoir dépigmentant. Elle entre donc dans le traitement du mélasma. Une étude menée en 2007 par Kondo et al  a permis d’identifier les principaux composés présents dans trois espèces du genre Glycyrrhiza (uralensis, glabra et inflata). Au total, six constituants communs aux trois espèces ont été trouvés : glycyrrhizin, liquiritrin, liquiritrin aposide, isoliquiritin, isoliquiritin apioside et liquiritigenin. Glycyrrhiza uralensis, glabra, inflata possèdent également un composé spécifique (respectivement) : glycycoumarin, glabridin et licochalcone A.

MURIER BLANC

Le genre Morus, appartenant à la famille des Moracées, est le genre des mûriers, il est composé d’une dizaine d’espèces. Parmi ces espèces, on retrouve le mûrier blanc Morus alba et le mûrier noir Morus nigra.

Le mûrier blanc (Morus alba L.), ou mûrier commun, est une espèce d’arbre fruitier originaire de Chine. Il est cultivé depuis l’antiquité, de la Chine au Proche-Orient. Il a ensuite été largement diffusé dans toutes les régions sub-tropicales et tempérées du monde. Le mûrier blanc fut largement cultivé pour ses feuilles, aliment exclusif du ver à soie.

La composition chimique des feuilles et des fruits de Mûrier Blanc explique son utilisation actuelle dans les formulations cosmétiques en tant qu’inhibiteur de la mélanogénèse d’un part et antioxydant d’autre part.

EMBLICA OFFICINALIS

L’amla (Phyllanthus emblica ou Emblica officinalis) est une espèce d’arbre de la famille des Euphorbiacées selon la classification classique, ou de celle des Phyllanthaceae selon la classification phyllogénétique. Il pousse au Népal, en Inde, au Sri Lanka où il est considéré comme sacré. Son fruit, également nommé amala / amla ou « groseille népalaise ou indienne », est comestible.

Il est utilisé sur le continent indien pour l’alimentation et la médecine traditionnelle : traitement des maladies du foie, ulcères de l’estomac, maladies inflammatoires, et désordres métaboliques. Une revue publiée en 2009 (1) par une équipe indienne reprend toutes les utilisations d’Emblica Officinalis (OE) dans la médecine. On y trouve également la composition chimique de la plante. Certains composés, tels que les tannins ou la vitamine C, sont responsables des principales propriétés de EO.

Plus récemment, ce fruit a montré un intérêt d’utilisation dans le traitement d’affections cutanées et dans les soins de beauté. Des études récentes ont soulevé les effets potentiels de cette plante : elle permettrait de promouvoir la synthèse de pro-collagène ainsi que d’inhiber les métalloprotéinases matricielles dans les fibroblastes (enzyme responsable de la destruction du collagène).

La forte composition en tannins serait responsable de ses effets inhibiteurs sur la mélanogénèse.

(1)K.H. Khan. Roles of Emblica officinalis in Medecine – A Review. Botany research International 2 (4) : 218-228, 2009

ACIDE LACTIQUE

L’acide lactique a longtemps été utilisé dans l’alimentation humaine pour la fermentation et la conservation. En 1780,  Scheele est le premier à l’avoir mis en évidence dans le lait. En 1789, Lavoisier  appelle ce composé « l’acide lactique ». En 1857, Pasteur émit une autre hypothèse, l’acide lactique n’est pas un composé du lait à proprement parlé mais le résultat d’un processus de fermentation, c’est-à-dire un métabolite généré par certains micro-organismes.

L’acide lactique peut être produit soit par fermentation microbienne soit par synthèse chimique. C’est en 1960 qu’une méthode de synthèse chimique de l’acide lactique fut développée en réponse aux besoins de l’industrie (cuisson alimentaire). L’acide lactique est un alpha hydroxy acides ou AHA ou acide de fruit. Sa formule chimique est C3H6O3 et sa structure se reflète dans son nom systématique : l’acide 2-hydroxypropanoïque.

L’acide lactique possède un grand nombre d’applications en tant qu’agent chimique.  Il y a quatre domaines d’activités principales : l’alimentation, la cosmétique, la pharmacie et la chimie.

Bien qu’utilisé au départ en tant qu’hydratant et régulateur de pH, l’acide lactique possède d’autres propriétés dans le domaine de la cosmétologie comme agent anti-microbien, hydratant cutané (capacité de rétention d’eau), et enfin agent dépigmentant. Ces propriétés en font un principe actif très utilisé en cosmétologie.

LES ALPHA HYDROXY ACIDES

Depuis la première publication de Van Scott et Yu en 1974, les alpha-hydroxyacides (AHA) ont connu un grand développement en dermatologie et en cosmétologie. Si la première application thérapeutique concernait le traitement topique des ichtyoses (peau en écailles de poisson) ce sont les applications anti-âge qui ont été à l’origine de la grande popularité des alpha-hydroxyacides.

Chimiquement, les hydroxyacides sont des acides organiques qui se définissent par la présence d’une fonction hydroxyle (–OH) et d’au moins une fonction carboxylique (–COOH). Les a-hydroxyacides portent les fonctions hydroxyle et carboxylique sur le même carbone, alors que les b-hydroxyacides les portent sur deux carbones adjacents.

Les a-hydroxyacides présentent des structures variées allant des chaînes hydrocarbonées aliphatiques simples à des molécules plus complexes. Ces dernières sont souvent issues de la biotechnologie. De nombreux a-hydroxyacides sont d’origine naturelle : l’acide glycolique est un constituant du jus de canne à sucre, l’acide lactique est présent dans le jus de tomate, l’acide malique se trouve dans les pommes, l’acide tartrique dans le raisin, l’acide citrique dans les agrumes. D’où le nom, parfois utilisé pour ces a-hydroxyacides, d’« acides de fruit ».

WALTHERA INDICA

La Walthera indica de la famille des Sterculiacées, est une plante ligneuse à souche vivace ou annuelle, à tige dressée, originaire d’Hawaï, qui pousse en Afrique et en Inde. L’extrait de feuilles de W. Indica associé à l’acide férulique a une action inhibitrice sur la tyrosinase. Elle agit donc sur la mélanogenèse et peut ainsi contribuer à régler certains problèmes d’hyperpigmentation. Les principaux composants identifiés sont des flavonoïdes, des tanins et des stérols.

GRANDE PIMPRENELLE

La grande Pimprenelle ou Sanguisorbe officinale est une plante asiatique de la famille des Rosacées. Elle se rencontre dans les prairies humides et au bord des ruisseaux. Ses racines ont une activité antityrosinase. L’extrait de S. officinale diminue la pigmentation induite par les rayons UVB. Ses racines ont aussi des propriétés antibactériennes, anti-inflammatoires et astringentes. Les principaux actifs sont la sanguinine H-6, l’acide tormentosolique, le ziyu-glycoside.

PETITE MARGUERITE, PAQUERETTE

La pâquerette est une plante qui pousse des les près, les clairières mais aussi dans ton jardin quand il a oublié d’être tondu, etc. Ses fleurs contiennent des saponines, des polyphénols, des glycosides flavonoïdes, des polysaccharides et de l’inuline. L’extrait acqueux de pâquerette a des propriétés dépigmentantes. Il agit selon plusieurs mécanismes : inhibition de l’activité de la tyrosinase, réduction de la synthèse de tyrosinase.

Bien évidemment, l’utilisation de ces composés doit être suivie par un médecin dermatologue. Par conséquent, ces composés ne doivent jamais être utilisés à l’écart d’une surveillance médicale.

Si toi aussi, tu as repéré l’erreur dissimulée dans les noms latins, n’hésite pas à nous en faire part :)